Iryna Dmytrychyn - Anarchy in the UKR

Traduit par Iryna Dmytrychyn 

Serhiy Jadan

« Ne t’intéresse pas à la politique, ne lis pas les journaux, n’écoute pas la radio, ne les laisse pas te baiser, ne va pas
sur Internet, ne vote pas aux élections, ne soutiens pas la démocratie… »

 Le jeune narrateur de Anarchy in the UKR, attachant et un peu paumé, est sans cesse en mouvement : il parcourt le pays en train, en bus ou en stop, à travers les paysages de friches industrielles de l’Ukraine postsoviétique. Dans une sorte de pèlerinage éthylique sur les lieux de l’anarcho-communisme, il se rend compte qu’il n’en reste rien ; tout le monde a oublié Nestor Makhno, le fondateur de l’Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne. Et pourtant… en 2004, à Kharkiv, devant le monument à Lénine, l’anarchisme et la révolution semblent revivre, dans ce qu’on appellera la Révolution orange.

 Le Journal de Louhansk raconte le voyage de Serhiy Jadan à travers le Donbass en avril-mai 2014, juste après la révolution de Maïdan. Dans une prose jubilatoire, explosive et drôle, l’écrivain rapporte ce qu’il voit sur le terrain, ses rencontres, l’état d’esprit des habitants et des combattants séparatistes. Avec cette plongée dans les événements qui ont secoué le pays, Jadan dresse le portrait d’une population qui fait face aux difficultés, maniant avec bonheur l’humour et l’autodérision.

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Iryna Dmytrychyn - Explorations sur le terrain du sexe ukrainien

Traduit par Iryna Dmytrychyn

Oksana Zaboujko

 

Tout commence par une histoire d’amour vouée à l’échec avant même ses prémices. La relation passionnelle que partagent un peintre ukrainien et la narratrice constitue une métaphore de l’Ukraine du XXIe siècle. L’héroïne d’Explorations sur le terrain du sexe ukrainien nous raconte la chute de l’URSS et du modèle soviétique qui a donné naissance à l’Ukraine indépendante, mais qui a également laissé dans ce pays une fracture et un traumatisme encore béants. À travers ses tentatives d’émancipation, la narratrice cherche à comprendre la force d’une identité et l’importance de se détacher du passé. Ce travail de deuil ne renvoie pas seulement au fait d’être ukrainien, mais au fait de se retrouver à genoux sous le poids d’une culture allogène.

Oksana Zaboujko, dans cette fiction partiellement autobiographique, fait vivre cette langue et cette culture qui flotte dans la « non-existence ». Le corps d’une femme devient ainsi la métaphore d’un pays, de sa culture et de ses racines. Explorations sur le terrain du sexe ukrainien nous donne de précieuses clés pour comprendre ce que signifie être humain, dans toute sa poésie et sa conscience.

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Sophie Hofnung, de l’édition à la traduction

par Claire Darfeuille, le 10 janvier 2016

Lauréate du Prix de traduction Pierre-François Caillé 2015, Sophie Hofnung revient sur le parcours qui l’a menée de son travail dans l’édition au métier de traductrice littéraire. Elle évoque sa rencontre avec la langue espagnole, son goût pour la littérature jeunesse, la formation reçue à l’Ecole de traduction littéraire où elle est actuellement stagiaire… et l’écriture à la fois sensuelle et épurée d’Inés Garland.

Elle porte un nom à consonance germanique, celui de son mari, mais c’est de l’espagnol que Sophie Hofnung traduit depuis qu’elle a décidé de franchir le pas et de consacrer une partie de son activité professionnelle à la traduction littéraire.

« Pur produit de l’édition », comme elle se définit elle-même, Sophie Hofnung débute sa carrière à 22 ans par un stage aux éditions Métailié après des classes prépas, puis des études de lettres et d’histoire. Pendant trois ans, elle y apprend le métier d’assistante d’édition, avec déjà une forte inclinaison pour les littératures d’Amérique latine. Elle participe ensuite à l’aventure de Lonely Planet alors que l’équipe du célèbre guide de voyage ne comprend encore que quelques personnes en France. « Il s’agissait de traduire et d’éditer des textes à partir de l’anglais. Ce travail d’adaptation, en particulier des contenus culturels, rédigés par des anglophones pour un public francophone, a été très formateur, estime-t-elle, Par ailleurs je m’occupais des titres touchant les domaines hispaniques dès que cela se présentait. »

« J’ai fait le chemin à rebours, de l’édition vers la traduction »

Quelques années plus tard, elle rejoint l’Ecole des loisirs, où elle trouve à exprimer son goût pour la littérature jeunesse. « Défendre la qualité des livres et de la littérature pour les enfants et les adolescents était à l’époque une position presque militante », explique Sophie Hofnung, mère de trois enfants – dont elle recueillait les impressions de lecture. Au sein des collections de romans dirigées par Geneviève Brisac, elle intervient à chaque étape du travail éditorial (préparation de copie, révision, correction…) en coordination étroite avec les auteurs et les traducteurs, « jamais derrière leur dos », précise-t-elle. « J’ai en quelque sorte fait le chemin à rebours et suis passée de la réception des textes à la traduction elle-même », dit-elle, consciente que les compétences acquises lui permettent à présent d’aborder le métier de traductrice avec un précieux bagage.

« Je n’ai pas suivi d’études de langues et n’ai aucune ascendance espagnole. Mon coup de foudre pour cette langue remonte à mon entrée au lycée, ce fut une révélation fulgurante », se souvient-elle, avec une gratitude restée intacte pour sa professeure de seconde qui avait « l’intelligence de leur apprendre l’espagnol à travers la littérature et des textes historiques et politiques ». Dès les premiers cours, elle relègue l’anglais et opte pour l’espagnol en première langue vivante. Ses lectures et ses nombreux voyages en Espagne et en Amérique latine – Mexique, Argentine, Chili… – feront le reste. Elle se prend de passion pour les gens, les cultures, les couleurs, et les littératures latino américaines.

Pour en savoir plus

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Iryna Dmytrychyn - Zone d'anomalie

Traduit par Iryna Dmytrychyn.

ANDRIY KOKOTUKHA

À cause de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, Tamara Tomilina n’a jamais connu son village natal, Pidlisne, au nord de l’Ukraine. Sa mère et tous les habitants avaient été évacués. Mais depuis quelque temps, la nuit, Tamara perçoit un irrésistible appel de ce lieu où elle n’a pourtant jamais mis les pieds. Elle a entendu dire que d’autres avaient ressenti la même chose, s’étaient rendus sur place et avaient disparu dans la zone de Tchernobyl. Elle entre en contact avec un journaliste de Faits incroyables, Victor Chamray, pour qu’il publie son histoire. Il accepte mais il est peu convaincu par les allusions de la jeune femme à des événements surnaturels.

Le lendemain de la publication, Tamara disparaît. Victor décide de se rendre à Pidlisne et de mener l’enquête. Mais lorsqu’il est kidnappé et menacé, il comprend vite qu’il a mis le doigt dans un engrenage bien plus inquiétant et réel que les prétendus fantômes de Tamara…

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Lionel Felchlin.

Traduction par Lionel Felchlin

Du dadaïsme également dans le recueil Glauser de l’illustrateur zurichois Hannes Binder. Mais pas seulement… 

Maître de la carte à gratter, Hannes Binder a adapté plusieurs écrivains suisses, dont Friedrich Dürrenmatt, Klaus Merz ou Peter Bichsel. Son coup de cœur pour Friedrich Glauser a donné lieu à de merveilleuses bandes dessinées policières, des fictions ou polars illustrés, et même à un récit, entre autobiographie et fiction, sur sa relation avec ce grand auteur de la première partie du XXe siècle. 

Voici le recueil de ces histoires « de, sur, avec et autour de » Glauser. 

 

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Sophie Hofnung..

Au fil de l'eau

Juan Díaz Canales (scénario et dessin)

 

Traduit de l'espagnol par Sophie Hofnung

 Rue de Sèvres

 Madrid, aujourd’hui.

Niceto octogénaire passe sa retraite entouré de sa bande de vieux copains, de son fils Román et de son petit-fils Álvaro. Dans l’Espagne marquée par la crise, le quotidien n’est pas simple. Il devient réellement inquiétant lorsque les amis de Niceto commencent à mourir les uns après les autres, dans des circonstances de plus en plus étranges et violentes…

Quand Niceto disparaît à son tour, c’est une véritable course contre la montre qui démarre pour Román et Álvaro.

 

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Antoine Chareyre

Bernardo Kucinski, K.

Traduit du portugais (Brésil) par Antoine Chareyre.

Vents d'ailleurs (La Roque d'Anthéron), collection "Pulsations", 2016 (février), 167p.

Présentation de l'éditeur:

Angoissé de ne pas savoir où se trouve sa fille, monsieur K., résistant juif venu au Brésil pour échapper au nazisme en Pologne, est un père qui voit se dresser devant lui, brique après brique, une muraille kafkaïenne.

Fondé sur des faits réels, proches de l’auteur, le récit romancé nous fait découvrir un pan de l’histoire brésilienne assez méconnu en Europe, contrairement au passé argentin similaire : les exactions du pouvoir militaire au Brésil des années soixante à quatre-vingt.

Écrit du point de vue du personnage de K., il raconte la recherche de sa fille, disparue comme des milliers d’autres civils du fait des services de la dictature. À travers ce récit, se reconstitue une époque, et aussi se révèlent les mécanismes universels du totalitarisme. Une oppression aveugle qui anéantit, dans tous les sens du terme, l’individu : celui-ci n’existe plus, il est simplement effacé.

Mais bien vite, on sent le sujet se densifier, ne fût-ce que parce que K. a fui une autre oppression politique, des années auparavant, dans sa Pologne natale. Derrière cette expérience, se profile en filigrane le destin errant du peuple juif, son insécurité, son espoir, déçu, de retrouver un sol ferme sur un nouveau continent.

On découvre alors, avec K., la communauté juive à São Paulo, son petit peuple, ses commerces, ses habitudes, son organisation. On redécouvre aussi une langue, le yiddish, en voie d’effacement.

K. va plus loin encore. Certes, c’est la quête d’une enfant et on suit avec empathie la souffrance du père qui veut la retrouver. Mais à travers cette recherche, c’est un message existentiel, applicable à chacun, dans tous les pays et toutes les cultures, qui nous est proposé : qui est-on ? Existe-t-on vraiment ? Aux yeux de qui, de quoi ? N’existe-t-on que lorsque quelqu’un vous cherche ? Et n’est-ce pas alors trop tard ?

Il n’est pas étonnant dès lors que le titre reprenne le « nom » abrégé du personnage du Procès de Franz Kafka. Ce que le roman représente aussi au-delà d’une lecture historique et sociologique, c’est une fable philosophique qui nous emmène dans les régions inexplorées de nous-mêmes : comment arracher les bribes de vie à ce qui n’est même pas la mort, mais l’inexistence.

Roman émouvant, K. nous touche par l’ambiance magique, étrange qu’il crée. Il nous ébranle aussi par sa construction en chapitres apparemment distincts les uns des autres et par son chemin labyrinthique, ainsi que par son style elliptique. K. n’est pas qu’un témoignage fort, il est aussi une œuvre littéraire qui se distingue par la qualité de l’écriture. Une écriture originale toute en retenue qui colle parfaitement à son sujet et se déploie en une polyphonie subtilement relayée en français par le traducteur, Antoine Chareyre.

Un podcast de l'émission "L'Humeur vagabonde" présentée par Kathleen Evin, diffusée sur France Inter ce mardi 3 mai, avec pour invité Bernardo Kucinski, l'auteur du roman "K." publié récemment :

http://www.franceinter.fr/emission-lhumeur-vagabonde-bernardo-kucinski-scientifique-journaliste-et-auteur-bresilien

 

Un entretien marquant, un très beau témoignage, et plusieurs lectures d'extraits du livre au cours de l'émission.

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Sophie Hofnung.

OK, señor Foster

Eliacer Cansino

raduit de l'espagnol par Sophie Hofnung 

L’école des loisirs   

(publié avec le concours du CNL)

 

Perico, douze ans, livré à lui-même depuis la mort de sa mère, n’a pour seul horizon qu’Umbría, son village de pêcheurs de la côte andalouse. Il croit que sa vie ne changera jamais.

Pourtant, un jour, sur la plage, il rencontre le señor Foster, un Anglais fascinant qui vit retiré dans une belle maison dans les dunes, prend des photos étranges et l’embauche pour lui livrer son courrier.

Grâce à Foster, grâce à la perte du billet de mille pesetas qui devait servir à payer la licence de pêche de son père, grâce au vol qu’il commet pour le remplacer, Périco prend conscience qu’il y a deux Umbría. Un village de jour, en surface ; un village de nuit, secret, plus vrai. Tout comme il y a plusieurs Foster, et plusieurs Perico.

Ismael, le tanneur qui vit en ermite, est-il vraiment un repris de justice analphabète ? Et le zélé sergent Efrén, n’est-il qu’un flic orgueilleux et borné ? Comment sortir de la chape de plomb d’une dictature franquiste qui pèse sur l’Espagne depuis trente ans ? Comment retrouver le goût de la liberté ? En posant des questions inlassables, en nouant des amitiés loyales, en vivant dans l’audace, Perico va trouver.

 

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Lionel Felchlin

Traduction par Lionel Felchlin

Peter von Matt, germaniste, professeur honoraire de l’université de Zurich, est l’une des plus grandes plumes de
la 
Suisse alémanique. Son recueil d’essais La Poste du Gothard ou les états d’âme d’une nation, qui a obtenu le Schweizer Buchpreis en 2012, est un ouvrage captivant, savoureux et essentiel pour comprendre la Suisse dans toute sa modernité et son histoire.

À partir de la description du tableau La Poste du Gothard de Rudolf Koller, Peter von Matt nous parle du mythe alpestre à travers l’histoire et la littérature de la Suisse — des Alpes de Haller au Guillaume Tell de Schiller —, de l’idylle brisée par l’industrialisation et des nombreux paradoxes helvétiques. Il analyse la relation ambiguë entre origine et progrès, mythe et réalité, société héroïque et post-héroïque.

Cet ouvrage compte en outre une vingtaine d’essais sur la langue allemande en Suisse, ses auteurs phares ou méconnus, Wagner, le Pilate ou encore le dadaïsme.

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Lionel Felchlin - Friedrich Glauser - Hannes Binder | Dada

Friedrich Glauser, Hannes Binder

Traduction de Lionel Felchlin, Éditions d’en bas, 2016. 

 

Voici les souvenirs de Friedrich Glauser sur les débuts de Dada, illustrés par Hannes Binder. 

Glauser interrompt ses études de chimie en 1916, fait la connaissance de Tristan Tzara début 1917. Sans être lui-même dadaïste, il est l’un des rares Suisses à prendre activement part aux soirées Dada, lit ses propres textes et « malmène un tambourin » aux côtés d’Hugo Ball, qui chante et joue du piano. En apprenant « en quelle compagnie » il traîne, son père veut le faire interner en hôpital psychiatrique.

Il s’enfuit au Tessin en juin 1917 avec Hugo Ball et Emmy Hennings. C’est avec le recul et une tendre ironie qu’il décrit sa brève période Dada en 1931.

Binder accompagne Glauser dans ses tribulations à travers la ville de Zurich, avec Tzara à Berne devant une commission médicale pour prouver l’inaptitude de ce dernier à la guerre et, enfin, dans sa « fuite hors du temps » avec Ball et Hennings sur un alpage du val Maggia, où ils se partagent la machine à écrire.

 

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Lucie Roignant

Traduction par Lucie Roignant

Michael Heinrich développe une approche inédite et éminemment didactique du maître ouvrage de Marx en offrant aux lecteurs un commentaire très serré des deux premiers chapitres du Livre I du Capital, dont la densité de raisonnement et l'importance des fondements conceptuels qu'ils introduisent (travail abstrait, forme-valeur, caractère fétiche de la marchandise, etc.) en rendent la lecture souvent ardue. 

Heinrich répond ainsi à une attente profonde de Marx, qui faisait du mode d'exposition une dimension essentielle de sa méthode. Sans partir d’évidences établies a posteriori, ou de présupposés politiques, ce livre est à ce jour le seul véritable manuel de lecture scientifique du Capital.

 

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Jean-Baptiste FLAMIN

Treize Marches

Kazuaki TAKANO

Sang d'Encre

Avant que la corde ne se tende

Ryô Kihara, trente-deux ans, est condamné à la peine capitale. Il a déjà passé sept ans dans le couloir de la mort sans connaître la date de son exécution, comme le veut la loi japonaise. Bien qu'amnésique au moment du procès, il a reconnu sa culpabilité. Un matin, il entend les gardes venir chercher son voisin de cellule pour l'exécuter. Traumatisé par les hurlements, Kihara a soudain des flashes, comme si son amnésie se dissipait : il se revoit en train de gravir un escalier, dix ans plus tôt. Il décide d'écrire à son avocat.

Jun'ichi Mikami, vingt-sept ans, a été incarcéré deux ans pour homicide involontaire. Remis en liberté conditionnelle, il croise celui qui était son gardien de prison, Shôji Nangô, qui s'occupe aussi de la réinsertion des anciens détenus. Ce dernier lui propose de l'aider à prouver l'innocence d'un certain Ryô Kihara. Voyant un moyen de se racheter aux yeux de la société, Jun'ichi accepte...

Un thriller au suspense savamment distillé. Une plongée angoissante dans le système judiciaire japonais. Saisissant.

 

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Lise Capitan

Trolls !
Étude d'une mythologie

« la bibliothèque des miroirs »

John Lindow

traduction par Lise Capitan

Les trolls sont partout !

Ils trainent sur l’Internet, emplissent les pages de la littérature de fantasy, sont chassés dans un film norvégien, furent illustrés par John Bauer ou Tove Jansson... Créatures amusantes ou inquiétantes, ils hantent les livres pour enfants ou sont des poupées étranges, après avoir été confinés durant des siècles aux paysages de la Scandinavie.

Depuis leur première apparition à l’ère des Vikings et dans le folklore scandinave, jusqu’à leur statut d’icône internationale, les trolls sont un phénomène fascinant. Des Moomin aux frères Grimm, en passant par les cartoons, les romans de fantasy et les médias sociaux, l’un des miroirs les plus étranges tendus à notre société.

John Lindow est un auteur et professeur spécialisé dans la Scandinavie médiévale et son folklore, qui officie à l’Université de Berkeley en Californie. Son travail inclut Norse Mythology : A Guide to the Gods, Rituals, and Beliefs, un guide de la mythologie nordique.

Présentation du livre sur le site de l'éditeur

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Clara Domingues

Giacomini, Sonia Maria

Femmes et esclaves

L'expérience brésilienne, 1850-1888

Préface, Arlette Gautier et Mariana Oliveira dos Santos

Traduit du portugais (Brésil) par Clara Domingues

 

Le Brésil fut l'un des plus grands pays esclavagistes: 45% des esclaves déplacé·es de l'Afrique vers les Amériques, soit près de 6 millions de personnes, l'ont été dans ce pays, qui, aujourd'hui, est aussi celui qui produit le plus grand nombre de recherches sur l'esclavage. Si importante que soit cette production, elle fait cependant peu de place à la situation des femmes esclaves.

À cet égard Femmes et esclaves reste à l'heure actuelle encore un ouvrage pionnier. Publié pour la première fois en 1988, réédité depuis à deux reprises, il porte sur une période qui va de la fin de la traite négrière (1850) à l'abolition tardive de l'esclavage (1888). L'analyse de matériaux bruts – textes et propositions de loi, articles de presse et petites annonces de vente ou de location d'esclaves –, étayée par la lecture d'ouvrages plus récents sur l'histoire de l'esclavage, livre en creux un tableau cruel de la vie des femmes esclaves.

Sonia Maria Giacomini examine les tensions inhérentes à leurs rôles sociaux et s’attelle à déconstruire les mythes entretenus par l’historiographie nationale sur la mansuétude propre à l’esclavage brésilien. Elle donne aussi à voir certaines des racines historiques de la situation actuelle des femmes au Brésil, en particulier des femmes noires appartenant aux classes pauvres. Son travail est une contribution importante à l'histoire des femmes exploitées. Ainsi qu'elle l'explique dans l'Introduction à l'ouvrage: «D’une manière générale, les historiens ont fait disparaître, consciemment ou non, le rapport de classe, et présenté l’esclave, et surtout la femme esclave, comme un membre supplémentaire de la grande famille patriarcale. En réalité, c’est un “double silence” qui se joue là. Au silence sur les femmes en général (“l’histoire est masculine”), s’ajoute le silence sur les classes exploitées (“l’histoire est l’histoire des classes dominantes”).»

La traduction française de Femmes et esclaves est augmentée d'un glossaire sur les termes portugais utilisés au Brésil dans le contexte de l'esclavage et de la catégorisation raciale, et d'une chronologie destinée à donner quelques repères sur la colonisation du Brésil et l'histoire de l'esclavage.

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Antoine Chareyre

Patrícia Galvão (Pagu)

Parc industriel (roman prolétaire)

Prologue de Liliane Giraudon

Traduction du portugais (Brésil), notes & postface par Antoine Chareyre

Le Temps des Cerises (Montreuil), coll. « Romans des Libertés », 14x19,5 cm, 166 p., 14 €

(en librairie le 19 mars)

[4e de couverture :]

Pagu, alias Mara Lobo, a essayé de raconter dans ce livre, avec un maximum de littérature pour un maximum d’efficacité, la vie et les luttes des travailleuses de l’industrie textile du quartier du Brás, à São Paulo. C’est un roman prolétaire. Le premier, en 1933, au Brésil.

Patrícia Galvão (São Paulo, 1910 – Santos, 1962), connue sous le nom de Pagu, rejoint d’abord le groupe de la Revista de Antropofagia (1928-29), dernière manifestation du modernisme brésilien. Elle y rencontre l’écrivain Oswald de Andrade, qu’elle épouse, et se lance avec lui dans le militantisme d’extrême-gauche au lendemain de la Révolution de 1930, en publiant par exemple la revue O Homem do Povo (1931). Membre turbulent du PCB, première femme à connaître la prison pour motifs politiques dans l’histoire du Brésil, en 1931, elle se consacre corps et âme à la cause révolutionnaire et publie à son propre compte, sous pseudonyme, ce récit de propagande communiste inspiré de ses premières années d’activisme et de fréquentation du prolétariat : Parque industrial, étrange compromis entre la prose d’avant-garde des années 1920 et le roman social des années 1930. Arrêtée en 1936, elle passe près de cinq années en prison, aux pires heures de la dictature de Vargas.

Inédit en français.

Présentation du livre sur le site de l’éditeur 

Dossier Pagu sur le blog Bois Brésil & Cie.

(dossier critique d'époque sur le roman, documents rares ou inédits sur & autour de Pagu, musique & vidéos...)

Contact presse : Juliette Combes Latour - juliette@letempsdescerises.net - 01 41 69 94 68

 

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Miyako Slocombe

Le Démon de l'île solitaire

Edogawa RANPO

Traduction de Miyako SLOCOMBE

    Célibataire sans histoires, Minoura tombe éperdument amoureux d’une jeune collègue de bureau au passé mystérieux, Hatsuyo, avec qui il se fiance... Peu après, Hatsuyo est brutalement assassinée,
dans sa chambre apparemment close. Dévasté, Minoura demande l’aide d’un ami, détective à ses heures, pour l’aider à retrouver la piste du criminel. Avant de disparaître à son tour, ce dernier lui laisse néanmoins une série d’indices dissimulés dans une étrange statuette. C’est alors qu’une autre connaissance vient prêter main-forte à Minoura : Michio Moroto, ancien colocataire et rival, qui nourrit une passion homosexuelle coupable à son égard et a ses propres raisons de s’intéresser à cette affaire. Leur enquête mènera l’étrange duo jusqu’à une île mystérieuse où se déroulent des expériences abominables visant à transformer l’humanité...

     Roman fantastico-policier, paru à l’origine en feuilleton en 1929-1930, Le Démon de l’île solitaire
est une des œuvres les plus célèbres du maître des « mauvais genres » au Japon. Mêlant énigme en chambre close, suspense et anticipation, chasse au trésor et romantisme échevelé, ce « mystère » baigné de sensualité perverse multiplie allègrement les références à Edgar Poe et Conan Doyle, évoquant aussi parfois L’Île du Dr Moreau ou Le Mystérieux Dr Cornélius. Mais c’est pour mieux aborder d’exotiques contrées où déviances et monstruosités creusent le réel d’une inquiétante étrangeté, brouillant les frontières entre l’humain et le bestial, le masculin et le féminin...

     Considéré par de nombreux écrivains japonais comme le chef-d’œuvre de Ranpo, cet étonnant classique de la littérature populaire est traduit en français pour la première fois.

 

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